L'espérance de gain, l'équité et la hand range

jeudi 17 janvier 2008

L'espoir fait vivre ! Mais les pervenches on t'elles le sens de l'humour?

Il y a peu de temps, je me suis forcé à un petit exercice pratique très intéressant. J’ai analysé chaque main d’une session pour déterminer si à chaque fois mes actions avaient une espérance de gain positive ou pas. Autant vous dire que ce n’était pas le cas…

Revenons brièvement sur la notion d’espérance de gain pour ceux d’entre vous qui ne seraient pas familiers avec le concept (honte à vous) et pour les autres une piqûre de rappel ne peut pas faire de mal :

L’espérance de gain est ce que vous gagnez en moyenne dans une situation donnée répétée à l’infini. Cette espérance peut être négative ou positive, on notera une espérance de gain positive EV+ et une espérance de gain négative EV- (EV pour expected value en anglais).

Prenons un exemple très simple :

Hero avec [KK] et un stack de 100bb contre Vilain avec [AK] et un stack de 100bb

Après une séquence préflop très agressive vous décidez de suivre sa relance à tapis, qu’elle est l’espérance de gain de ce call ?

En rentrant les mains de chacun dans Pokerstove nous obtenons, ceci :

equity win tie pots won pots tied
Hand 0: 69
.817% 69.38% 00.44% 1187967 7509.50 { KcKd }
Hand 1: 30
.183% 29.74% 00.44% 509318 7509.50 { AcKh }

Donc vous gagnerez « théoriquement » en jouant cette main 100 fois :

70*200=14000BB

Et perdrez :

30*200=6000BB

Le total net est positif, à chaque fois que vous déciderez de suivre dans cette situation vous gagnerez en moyenne (14000-6000)/100 = 80BB. Le call est bien évidemment EV+

Il faut bien différencier les résultats sur le court terme de l’espérance mathématique de gain valable uniquement sur le très long terme. Il vous arrivera probablement de perdre dans cette situation 3 fois de suite. Il s’agit de la variance, ce n’est pas « anormal » plus vous jouerez cette mains (une infinité de fois idéalement) plus vous vous approcherez du résultat statistique qui est, lui, largement en votre faveur.

L’exemple que l'on a pris est extrêmement simple, le calcul à été effectué en connaissant les cartes de l’adversaire alors qu’en réalité le joueur qui prend une décision situera son adversaire sur un éventail probable de mains. D’autres part les joueurs sont partis à tapis ce qui nous a évité de comparer le rapport entre le risque à prendre c'est-à-dire l’argent à investir par rapport au montant total à gagner (la côte du pot) et nos chances de remporter la main.

Un cas pratique très rapide qui implique la cote d'un pot : Si sur la river votre adversaire mise 1/3 du montant du pot il vous faudra miser 1 pour gagner 5(3+1+1) donc votre équité (% de réussite minimum nécessaire pour rester à l’équilibre) est de 20%. Bref si vous gagnez ce coup plus de 20% des fois votre action à une espérance de gain positive. Facile non ?

Malheureusement pour nous ce n’est jamais aussi simple et en réalité vous devrez factoriser également d’autres informations :

- La probabilité d’un bluff

- l’éventail de main de votre adversaire

- le nombre de joueur dans le coup

- La fold equity

- La cote implicite

Prenons un exemple concret et regardons comment nous pouvons l’analyser à postériori.

Je possède AcQs au cut-off, personne n’a encore ouvert le pot. Je décide de relancer de 4bb ma main. Le bouton suit le joueur de BB aussi

Le joueur de BB est un joueur large/passif tandis que le joueur au bouton est serré agressif, cela m’étonne même que dans cette situation il n’ait pas fait un squeeze. J’estime que BB peut avoir a peu près n’importe quoi et que le bouton serait plutôt sur une petite paire ou des suited connector , s’il avait une meilleur main il aurait probablement sur relancé avec la position.

Le flop tombe : Qh 9h 8s

La BB check devant moi, j’ai touché la top pair avec le meilleur kicker, le flop est plutôt connecté et offre en outre un tirage à cœur. Je vais ici faire un continuation bet assez haut pour protéger ma main malgré ce board dangereux.

Je mise 8BB, les ¾ du pot. Le joueur au bouton me relance à 20bb la BB se couche. Je dois rajouter 12BB à ce pot pour voir la prochaine carte.

En prenant la formule Cote du pot = (Notre investissement / La somme totale du pot) x 100%

Le pot fera 40bb si je rajoute les 12bb pour rester en jeu. Avec cette relance je dois gagner au moins 30% des fois le coup pour rester à l’équilibre (12/40*100).

Qu’elles sont mes chances de gagner ici : Je pense que vilain pourrait jouer de cette manière avec : un brelan, un tirage suite ou couleur, une double paire et occasionnellement il pourrait bluffer , j'exclus une overpair et QQ qu il aurait du normalement sur relancer ici contre 2 adversaires sans la position. Voyons voir ce qu’en pense pokerstove :

equity win tie pots won pots tied
Hand 0: 39.355% 38.70% 00.66% 24136 410.00 { AcQs }
Hand 1: 60.645% 59.99% 00.66% 37414 410.00 { 99-88, 44(bluff), QhJh, JTs, T9s, 98s, 7h6h, 6h5h, JTo, T9o, 98o, 76o }

J'ai 39% de chance de gagner à l'abatage, au desus de l'equité minimum pour rester à l'équilibre, caller ici est donc EV+. Je call

Le turn est un 10 de coeur, c'est une carte horrible pour moi, d'ailleurs pokerstove m'indique :

equity win tie pots won pots tied
Hand 0: 17.857% 14.00% 03.86% 345 95.00 { AcQs }
Hand 1: 82.143% 78.29% 03.86% 1929 95.00 { 99-88, 44, QhJh, JTs, T9s, 98s, 7h6h, 6h5h, JTo, T9o, 98o, 76o }


J'ai donc moins de 20% de chance de remporter ce coup... Que dois je faire?

Je peux tenter de miser 18% du pot soit 7bb en espérant que mon adversaire suive ce blocking bet, mais l'ideal serait évidemment que je check et que mon adversaire check derrière également.

Je décide de checker puisque j'ai a faire à un joueur agressif, je pense que s'il me voit faire une mise si faible dans ce coup. Il n'hésitera pas a me sur relancer et à ruiner ma cote, je serais obligé alors de jeter ma main.

Mon adversaire mise la moitié du pot, 17bb, une mise étrangement faible. le pot m'offre une cote si je call de (17/74)*100=23%

Je n'ai pas la cote pour suivre, si je devais jouer cette main une infinité de fois en la callant je serais largement perdant. Je couche donc ma main.

Mon adversaire sympathique me montre 89 dépareillé une main que j'avais bien répertoriée dans sa hand range. En sachant cela pokerstove m'indique que mon équité à la turn n'était que de :

equity win tie pots won pots tied
Hand 0: 21.266% 17.21% 04.06% 53 12.50 { AcQs }
Hand 1: 78.734% 74.68% 04.06% 230 12.50 { 98o }

Un résultat a peine inférieur au % minimum dont j'avais besoin... le call aurait toujours été EV- et même en connaissant les cartes de mon adversaires j'aurais du coucher ma main, mon adversaire a tenté de m'appâter avec une cote intéressante, bien vu :)

Tentez l’exercice, prenez une session perdante et regardez si vous l’avez perdu par manque de chance (la variance) ou bien parce que vous avez majoritairement pris des décisions EV-. Ca vous permettra d’améliorer votre lecture des mains de vos adversaires puisque vous devrez estimer leurs « hand range » à chaque décision que vous prendrez, de plus calculer votre equité doit devenir routinier, vous ne voulez pas être perdant sur le long terme, n'est ce pas?

PS : Merci à LjN qui a détecté une erreur dans la première version de cet article ce qui m'a permis de corriger très rapidement. :D



Head's up !!!

jeudi 20 décembre 2007

Il y a des fois ou il vaut mieux la baisser...

Je suis surtout un joueur de cash game et l’une de mes très grosse lacune est mon jeu de head’s up. Lorsque l’un de mes meilleurs amis débarque à la maison, il me met systématiquement une raclé à ce petit exercice, durant mes tournois en live (2 tables de 6), je finis très régulièrement dans les points et les fois ou j’ai l’occasion de négocier le tête à tête finale, je le perds systématiquement. Bref, je suis une grosse bille en Head's up ! Je viens donc de relire la totalité des liens que j’ai référencé sur cet aspect du jeu et je vous livre maintenant le résumé de mes réflexions.

La sélection des mains de départ :

Evidemment, il n’est pas question ici d’adopter un style de jeu serré puisque à chaque tour nous somme obligé de poser une blind. Face à un adversaire qui jouerais de façon plus large et agressif, votre tapis se ferait lentement grignoter alors que les fois ou enfin vous aurez une belle main votre adversaire ne sera pas dupe en vous voyant relancer et aura une très bonne vision de votre jeu. Bref, il pourra se coucher ou vous piéger très facilement. Vous serez donc amené à jouer une très grande variété de main pendant un tête à tête et votre décision préflop sera principalement déterminée par votre position de départ.

Au bouton : Vous avez la meilleur position et le choix entre relancer ou limper. Certains auteurs considèrent que vous devriez systématiquement relancer au bouton et appliquer une pression constante depuis cette position contre votre adversaire, c’est ce que je fais habituellement et au bout d’un moment votre adversaire se mettra à vous sur-relancer régulièrement ce qui devient assez pénible lorsque la profondeur des tapis est très relative et que l’on vint de relancer une sur-bouse… Bref, je pense ici, qu’il faut mixer un peu en ce contentant de limper parfois de bonnes et de mauvaises mains et occasionnellement jeter les pires ceci dit il vous faudra quand même majoritairement relancer du bouton un large éventail de main afin d’au moins maintenir l’équilibre de votre tapis par rapport à la progression des blinds.

Si on devait généraliser, je dirais qu’il faut pour obtenir une stratégie bien balancée :

- un peu moins d’¼ de fold,

- un peu plus d’¼ de limp,

- et donc ½ de relance.

De grosse blind : Alors que vous pratiquez un jeu d’attaque depuis le bouton, en grosse blind vous serez sur la défensive. Soyez bien attentif au jeu préflop de votre adversaire au bouton. S’il est du genre à relancer systématiquement, sur relancez le avec un éventail plus large de main qu’habituellement. Vous aurez à jouer le flop, le turn et la river sans la position, si votre adversaire est particulièrement agressif et fait feu a chaque street, il mettra en danger votre tapis. N’hésitez donc pas a coucher vos mains foireuse une fois le flop tombé. Concrètement vous voulez que le coup se termine rapidement dans cette position ou bien que votre adversaire s’empale contre votre monstre. Selon le profil de votre adversaire abandonnez un coup sur 2 si vous devez faire face à une relance préflop. Vous pouvez vous permettre d’être plus sélectif puisqu’au prochain tour vous serez cette fois en position pour voler la blind de votre adversaire et donc rester à l’équilibre ou bien négocier le flop en position.

S’adapter à votre adversaire :

Bon, c’est certainement pas en lisant et en appliquant sans ajustements les généralités des paragraphes précèdent, que vous allez devenir un pro du head’s up. L’une des qualités essentielles pour exceller dans cet exercice est l’adaptabilité de votre jeu au style de votre adversaire, vous devez être capable de le lire, de comprendre sa façon de jouer et sa stratégie.

Le truc que j’ai tendance a oublier lorsque je me retrouve en head’s up, c’est que le gars que je connais bien depuis le début du tournoi ne va pas forcément se comporter de façon similaire pendant le head’s up. Du coup, puisque, je ne m’adapte pas a cette nouvelle situation mon adversaire commence lui avec un avantage énorme sur moi ! Ne faites pas cette erreur et prenez le temps au début du tête à tête de tester votre adversaire et de remettre a plat votre vision de son jeu.

Commencez donc de façon un peu soft, sans être trop agressif. Premièrement vous vous construirez une image d’adversaire passif ce qui pourra vous servir plus tard lorsque vous serez l’agresseur et d’autre part cela vous permettra probablement d’assister à quelques showdown peu coûteux qui vous permettra de comprendre le jeu et la stratégie de votre adversaire. Une fois ce stade passé vous devez vous adapter de façon à décevoir votre adversaire et le forcer à commettre la plus grosse erreur, vous savez, l’erreur qui lui fera perdre la moitié de son tapis et vous donnera un avantage considérable…


En jouant quelques round d’observations comme je vous le conseil vous devriez réussir a déterminer le profil de votre adversaire. En voici deux très courant.

Le transformiste Tight/Agressif :

Vous verrez cela très fréquemment : Le joueur TAG qui a bien mené sa barque pendant tout le tournoi se transforme subitement en véritable maniaque lorsqu’il doit négocier le head’s up (je me sens pas du tout concerné, pas du tout) sont raisonnement est assez simple : il à la position une fois sur 2, se dit qu’il possède une image de joueur serré et donc se met à appliquer sa stratégie préféré de Short Handed sans trop de considération pour la valeur de sa main, soit : position = Raise + Continuation Bet. Evidemment il ne vous reste plus qu’à être suffisamment patient pour attendre une réelle main et voir votre adversaire s’empaler tout seul comme un guignol dessus !

Bref, vous devriez battre facilement ces adversaires en adoptant un jeu serré et en le poussant à commettre l’erreur fatale. Lâchez vos mains même a potentielles s’il se met a faire des mises qui sortent de l’ordinaire. Pourquoi miserai t’il le 1/3 du pot sur cette carte tombée au turn alors qu’habituellement il check ou vous envoi une belle seconde cartouche ? Par contre si vous touchez une belle main contentez vous de juste le suivre, il tentera probablement de vous faire coucher sur la turn s’il ne s’agit pas d’une carte effrayante.

Le Large/Passif :

Inversement du joueur Tag, le joueur large agressif, se transforme souvent lui en calling station et essaye trop souvent de piéger ses adversaires lorsqu’il touche une belle main… Pour négocier le head’s up contre ce type de joueur vous devez user d’un jeu agressif surtout en position, pensez a contrôler la taille du pot en checkant occasionnellement le flop et/ou le turn. Faites très attention lorsque celui-ci relance alors que vous étiez le relanceur initial, étudiez dans cette situation la texture du flop pour déterminer s’il attaque un tirage ou tente de faire prendre de la valeur a son monstre. Contre ce type de joueur faite des sur relances occasionnellement préflop, il préfère en général voir des flop peu cher pour déployer ensuite son jeu post flop. Eviter les gros bluff rivière ou les value bet trop cher qui seront payé uniquement par les mains qui vous battent.

Quelques conseils :

Dosez correctement vos relances en prenant en compte la taille des blinds et de son tapis. Vous ne voulez pas le voir trop impliqué dans un coup alors que vous bluffez, n’est ce pas ?

Si vous décidez de slow-play, ne le faite pas sur plus d’une street vous risquerez trop d’améliorer la main de votre adversaire et que votre monstre ne prenne pas de valeur s’il tient jusqu'à l’abattage.

Utilisez tous l’arsenal disponible du joueur de poker pour brouiller les pistes : Continuation-bet, floating, two barrel, check raise, probe bet, value bet, vous trouverez ici un article détaillant toutes ces actions :

Changez de vitesse régulièrement : vous avez toujours joué un jeu serré et modérément agressif mais vous êtes actuellement dominé, faites un overbet lorsque vous aurez un jeu monstre il pensera peut être que vous avez craqué… Ne gardez pas la même ligne du début à la fin, votre adversaire ne doit pas pouvoir deviner votre jeu selon votre betting pattern.

Conclusion :

Pour progressez, il n’y a rien de mieux, je pense, que de revoir ses hand history.

En commençant l’écriture de cet article, j’ai joué un head’s up... Que j’ai perdu.
Sincèrement j’étais vexé, je trouvais mon adversaire très lisible. J’ai appliqué les conseils de cet article en jouant « soft » au début pour déterminer son style. Il était plutôt du genre passif et il devait me voir comme un joueur trop agressif. J’ai grignoter level après level son tapis le réduisant au ¼ du mien. Finalement j’ai fait successivement 2 erreurs critiques qui m’on fait perdre le tournoi. Lorsqu’il m’a piégé la première fois, il a modifié son « betting pattern » et évidemment j’ai cru qu’il craquait… En regardant cette hand history, je me suis senti réellement idiot, son action était vraiment évidente avec le recul. La seconde fois je me suis simplement empalé sur sa top pair alors que j’avais que la seconde parce que je n’avais pas su garder le contrôle de la taille du pot. Je n’ai pu réaliser ces erreurs quand visualisant attentivement mon head’s up. Attendez un peu, prenez du recul et faite le, vous apprendrez certainement beaucoup plus sur vos propre erreurs et la façon de jouer en Head’s up qu’en ayant lu cet article….

Négocier les “scare cards” par smackinyaup (Traduction)

mardi 27 novembre 2007



Source : Beatnolimit

Ndt : Un peu pressé par le temps je publie cet article alors que je n'en ai pas fais une bonne relecture et que je souhaite le concaténer avec des explications plus approfondis concernant la nécessité de diversifier son jeu. Ceci dit, sa lecture est déjà intéressante en l'état. Je vous invite à revenir voir cet article prochainement puisqu'il sera édité dans les jours qui viennent.

Introduction :

Nous les détestons. Et si vous ne savez pas encore de quoi il s’agit, considérez vous comme chanceux. Une carte effrayante est une carte tombée au flop, à la turn ou à la river qui peut potentiellement anéantir votre main.

Par exemple, vous relancez préflop une paire de roi et vous trouvez un As au flop. L’as est une carte effrayante pour votre jeu. Une autre carte effrayante sera un 3ème carreau au turn alors que vous possédez 8h,8c sur le tableau 7h,8h,2d. Ce carreau a pu faire rentrer la couleur chez votre adversaire qui battra alors votre brelan, bref ça fait forcément réfléchir et cela nous effroi.

Mais cerise sur le gâteau cette carte détestable peut également effrayer vos adversaires, s’ils n’étaient pas sur le tirage qui vient de rentrer avec cette carte... Vous espériez avec votre brelan remporter un joli pot mais finalement l’apparition de cette carte assortie au tableau a tué l’action et votre adversaire ne s’implique plus dans le coup. Ce genre de situation est très fréquente et je vais essayer de vous aider un peu à les gérer.

Mon premier conseil pour négocier ces cartes est d’être courageux. Vous pouvez être effrayer intérieurement mais vous ne devez pas le montrer. Un joueur de poker courageux gagnera plus d’agent dans ces situations qu’un joueur pétrifié par l’apparition de cette carte.

Hors position

Tout d’abord, si vous jouez timidement vous ne saurez jamais ou vous situer dans le coup. Si à chaque fois qu’une « scare card » tombe vous vous contentez de checker, vous ouvrez juste la porte qu’attendait votre adversaire pour rentrer et vous voler le pot. Vous ne saurez donc pas si cette carte lui a vraiment été bénéfique ou s’il vous a simplement bluffé... Je ne suis pas en train de vous dire qu’il ne faut jamais checker dans ce genre de situation mais qu’il est plus souvent dans votre intérêt de miser sur ces cartes que de les jouer passivement.

Si vous misez à ce moment, votre adversaire aura plus de difficulté à effectuer une grosse relance en bluff. Cela rend votre main plus facile à jouer. Miser juste pour vous permettre de situer votre main n’est pas une tendance a prendre pour gagner en no-limit mais ce n’est pas uniquement pour cela que je vous préconise de miser ici.

La seconde raison est d’entretenir le mystère sur votre façon de jouer. Vous souhaitez qu’à chaque coup vos adversaires se demandent ce que vous pouvez bien avoir, vous devez inciter vos adversaires à vous craindre et se gratter la tête avec perplexité lorsqu’ils tenteront de deviner votre main.

Pour négocier correctement ces cartes effrayantes vous devez également jouer décemment vos autres mains. Plus précisément vous devez diversifier la façon dont vous jouez vos tirages. Si vous attaquez régulièrement vos tirages couleurs de la même façon que vos mains faites, il sera beaucoup plus dur de deviner quel type de main vous avez. Ainsi lorsque cette carte effrayante tombera votre adversaire ne saura jamais vraiment si cette carte vous a aidé ou si elle vous effraie.

Ne vous jetez pas à la mer toutefois en tentant de bluffer et de sur bluffer une « calling station » indécrottable. Au lieu de ça faite le suffisamment régulièrement pour que vos adversaires ne sachent pas si vous êtes en train de protéger une main faite ou si vous étiez auparavant en train de faire un semi bluff.

Il y a une troisième chose que je vous recommande de faire pour vous aider dans ce genre de situation. Adoptez cette stratégie moins souvent que vos adversaires et seulement contre des joueurs futés, mais il est réellement important que vous le fassiez surtout lorsque vous aurez grimpé les limites. Si vous misez uniquement en semi bluff ou vos autres grosses mains, vos adversaires les plus malins finiront par vous attraper. Cela signifie également que vous devez occasionnellement bluffer une seconde fois la turn malgré la carte effrayante.

En adoptant occasionnellement cette ligne, vous pourrez parier sur ces cartes et espérer n’obtenir qu’une réaction molle de la part de vos adversaire large qui vous auront déjà vu miser dans ce genre de situation et seront plus enclin a vous suivre avec un éventail de mains n’incluant pas que celles qui vous battent. En d’autres mots vous pourrez également obtenir un peu d’action de la part des mains plus faibles malgré la présence de cette carte.

Si vous jouez contre un adversaire complètement inconnu et qu’unE carte effrayante tombe, misez sur celle ci. Si cette carte a aidé votre adversaire, il vous le fera savoir rapidement. Si ce n’est pas le cas vous pouvez espérer avoir été suivi par une main plus faible qui souhaite voir l’abattage et ne vous donnera pas trop d’action jusqu'à celui-ci..

Pour négocier cette situation devez bien lire le tableau et le décomposer mentalement et placez votre adversaire sur un éventail de main selon les actions effectuées auparavant. Par exemple : votre adversaire relance preflop, vous le sur-relancé avec KK et il vous suit. Le flop dévoile 3 cartes basses, vous misez et obtenez un call de votre adversaire. Un as tombe au turn, vous frappez votre clavier de frustration … Ce n’est pas encore le moment de paniquez !

Vous devez analyser la situation, quelles sont les chances que ce type d’adversaires soit rentré dans un pot sur-relancé avec une main comme AK ? Pensez vous qu’il a sous joué AA preflop et sur le flop ? S’il s’agit d’un adversaire moyen il ne l’aura probablement pas fait. En tenant ce raisonnement cet ace ne figurera peut être plus comme votre bourreau. Ajoutez à cela l’historique que vous avez contre cet adversaire et vous devriez obtenir une bonne image du type de main qu’il possède. Plus vous pratiquerez cet exercice meilleur sera votre lecture.

En position.

Il est 20 fois plus facile de gérer une carte de cette nature lorsque nous sommes en position sur notre adversaire, la meilleure action dépendra evidemment de votre main et du style de votre adversaire.

Si vous avez un brelan et que la turn apporte une carte effrayante, l’argument pour miser encore est d’obtenir de l’action de part de main plus faible comme une double pair une overpair ou encore quelques tirage. Cela donne de la valeur à votre main lorsque vous êtes devant votre adversaire. Le seul risque que vous courez en misant depuis la position est de se voir confronter à une large sur relance. Si votre adversaire vous check/raise sur une carte effrayante, je vous conseil par défaut de coucher votre main a moins que vous possédiez une très bonne lecture de son jeu.

L’argument pour checker en position sur une carte effrayante est de vous donner la chance d’améliorer votre jeu sans prendre le risque de s’exposer à un check/raise et de paraître faible. Avec un brelan par exemple en checkant après votre adversaire vous obtenez une chance d’obtenir un full et votre adversaire sera plus enclin a vous suivre sur la river puisque vous aurez montrez de la faiblesse précédemment. Le risque de cette stratégie est d’obtenir un tableau encore plus affreux pour vous, par exemple une 4eme carte assortie au tableau ou rater éventuellement d’augmenter la valeur de votre main face à des mains encore plus faible.

La plupart de ces considérations s’applique sur la turn mais le raisonnement est le même si la « scare card » tombe sur la rivière. Seulement sur la rivière le pot risque d’être plus gros et vous n’avez plus de chance d’améliorer votre jeu. Si vous gardez à l’esprit ces pensées vous devriez réussir à naviguer avec brio dans ces eaux tumultueuses.

Conclusion

J’espère vous avoir donné une stratégie compréhensible pour négocier ce type de situation. Je me suis probablement un peu écarté du sujet principal en vous parlant de la diversification de votre jeu, mais il s’agit d’un point vraiment essentiel. En faisant consciemment cette effort vous serez beaucoup moins prévisible et cela rendra les coups plus facile à jouer pour vous et bien plus difficile pour votre adversaire.

En désorientant ainsi vos adversaires, ils se replieront vers un poker plus académique et joueront de façon très solide en mode « fold or raise » Ce qui rendra la lecture de leur jeu beaucoup plus facile.

Gardez à l’esprit que diversifier votre jeu ne signifie pas uniquement, modifier sa ligne lorsque l’on a touché un brelan contre le relanceur initial mais également varier la façon dont l’on joue ses semi-bluff, ses bluff et ses réactions lorsqu’une carte effrayante tombe, etc.

Plus vous travaillerez longtemps et sérieusement sur cet aspect du jeu meilleur sera votre poker en général. Vous deviendrez bien meilleurs pour lire vos adversaires et leur assigner un éventail de main et donc faire de plus en plus d’action possédant une espérance de gain positive.

Multitablage : Conseils & Outils

mercredi 14 novembre 2007

Savoir faire plusieurs choses à la fois s'apprend. Entrainez vous !

Un bon moyen d'augmenter ses gains lorsque l'on se sent à l'aise sur une limite est de multitabler. Bien sur en suivant 4, 6 voir 8 tables au lieu d'une seule on ne pourra pas aussi bien jouer que si l'on se concentre sur une seule, d'autres part prendre des décisions rapidement et être en alerte constamment pour ne pas rater une action est éreintant. Voici quelques conseils pour aborder une session de multitablage dans de bonne conditions.

Vous et votre environnement

- Posez vous les questions suivantes : Avez vous le temps devant vous ? Etes vous en état de jouer (physiquement et/ou moralement)
- Rassemblez tout ce dont vous aurez besoin pendant votre session (préparez le café, cendrier, clopes, feu, stylo, papier, balle anti-stress, grigri, etc.
- Passage au toilettes conseillé (ben ouais, normal)
- Musique qui va bien (Deezer, radioblogclub, etc. Tiens je vais vous mettre une de mes playlists favorite)
- Ecartez toutes sources de distractions (Je fais mes plus mauvaises sessions vautré dans le canapé, le portable sur les genoux devant la TV, avoir le pc à coté d'une fenêtre qui donne sur la salle de bain de votre voisine n'est pas une super idée non plus)
- Rangez votre bureau, sortez la meilleure chaise, posez dessus le coussin du chat (c'est le plus confortable, il s'y connait)

Les outils informatiques

La plupart des joueurs réguliers des tables de cash game utilisent un tracker pour suivre leur progression et un Hud pour afficher le profil de leurs adversaires. Les solutions les plus connues sont poker tracker accompagné de Poker Ace Hud ou Gametime+ et Poker Office qui intègre directement un Hud.
A coté de ça les maniaques des calculs d'espérance de gain utilisent également Pokerstove qui permet d'évaluer l'éventail de main avec lequel joue notre adversaire et de calculer si notre move est Ev+.

J'ai opté pour une solution différente, gratuite et qui ne souffre d'aucun défauts majeurs :

- Holdem Manager : L'application est stable (alors que PT et PO, hummm...), elle traitera votre base de données beaucoup plus rapidement, vous affichera les rapports essentiels sur votre jeu en 2 clicks au lieu d'avoir a configurer tous les filtres et en plus c'est gratuit ! Vous trouverez un article complet sur ce blog concernant Holdem Manager.



Cliquez pour agrandir

- RealTime Hud : Ce hud créera lui même sa base de donnée et l'actualise extrêmement fréquemment, évidemment vous pourrez importer dans cette BDD vos historiques archivés (100K mains en moins de 3mn en ce qui me concerne). Toutes les stats habituelles sont disponibles. Le hud se configure facilement, gère la position favorite du joueur à la table et vous affichera les cartes muckées de vos adversaires. Tout ça encore une fois gratuitement !


Mon Hud, cliquez pour agrandir

- Spadeye : Ce logiciel, compatible avec Holdem Manager, comparera votre base de données avec les joueurs jouant actuellement sur votre room favorite et vous signalera les tables les plus juteuses (Vp$ip max, petit Préflop raise) ou celles ou vos donk préférés se sont installés.



Cliquez pour agrandir

- PokerStove : Un logiciel bien pratique qui vous permettra de calculer votre espérance de gain face à un adversaire selon son eventail de main probable. Ce logiciel vous permettra également de vous faire une idée précise des mains avec lesquelles votre adversaire suit ou relance préflop.Il n'est pas toujours facile de l'utiliser en cours de partie mais essentiel pour analyser à froid certaines mains et déterminer si notre action possédait une espérance de gain positive.



Ev+ or Not Ev+, That's the question.

Pendant la partie

- Ne "papillonez" pas. Lorsque vous regardez un coup auquel vous ne participez pas, regardez le jusqu'à son terme au lieu de passez à la fin d'un autre dont vous n'avez pas vu le début...
- Continuez à prendre des notes, on apprend beaucoup sur les joueurs en voyant leur cartes muckées
- Restez concentré au maximum pour tenter malgré le multitablage de jouer votre meilleur poker
- Prenez le temps de la réflexion pour les décisions difficiles même si cela doit vous mettre sit-out sur une autre table, ne vous laissez pas embarquer par le rythme.
- Arrêtez votre session, réduisez le nombre de table ou faites une pause lorsque vous sentez que vous n'arrivez plus à maintenir l'effort de concentration.

Analysez votre session

Vous n'avez pas forcement besoin de passer une heure après chaque session pour l'analyser en profondeur.
Mais essayez de consacrer au moins 10 minutes à chaque fois pour regarder les mains qui vous ont fait perdre beaucoup et repérer les erreurs que vous avez pu faire pendant le déroulement de ces coups.

322 Liens consacrés au poker (pour le moment)

vendredi 9 novembre 2007

C'est pas ici qu'on click !



Voila, j'ai fini de classer, trier, ranger, renommer l'ensemble de mes marques pages consacrés au poker.

Vous pourrez donc naviguez grâce à del.icio.us et son nuage de Tag à travers 322 liens indexés . Il s'agit pour la plupart d'articles stratégiques ou traitant de la psychologie du poker.

Grosso modo, je dirais qu'un gros tiers de ces liens sont francophone donc il y a matière pour les anglophobes ! Enfin je vous laisse découvrir ça tranquillement pendant que je retourne éplucher mes forum favoris ;)

Ps : Si vous avez de bons articles qui ne sont pas dans cette librairie à me suggérer, je suis prenneur !